LA LIBERTÉ N° 23

Journal indépendant de tous les Djiboutiens de l'opposition.



La résidence personnelle de M. Guelleh à Djibouti
Toutes les informations
que le régime dictatorial
de M. Ismaël Omar GUELLEH
cherche à vous cacher...

AVERTISSEMENT :
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l'utilisation de tous nos articles est autorisée,
(à l'exception des extraits de presse, et ce, pour des raisons de propriété intellectuelle).
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SOMMAIRE N° 23 du 26 février au 3 mars 2000
- LA NATION : "le juge BORREL a été assassiné ..."
- Une mission de l'OUA (Commission des D.H.) auprès de M. GUELLEH,
- SOMALIE : une conférence mal engagée ...
- PROJET DE JOURNÉE D'ÉTUDE SUR L'INTÉGRATION AFRICAINE
- Les juges Le Loire et Moracchini en mission à Djibouti,
- Sur Internet, un fonctionnaire djiboutien compare
M. Guelleh à Poutine dans sa lutte en Tchétchènie !

25/02 : Dans un communiqué la LDDH s'inquiète des nombreuses violations des D.H. commises par le régime dictatorial. Ils soulèvent des interrogations graves sur la suite des accords de Paix qui avaient soulevé une vague d'enthousiasme ..

2502 - DJIBOUTI : AHMED DINI
NE RENTRERA PAS
TOUT DE SUITE A DJIBOUTI

(Extrait L.O.I.)
26/02 : Aide italienne : LA NATION s'est-elle engagée un peu rapidement ?

26/02 Pourquoi la justice djiboutienne ne poursuit-elle pas les "coupables" français de l'assassinat du juge BORREL ?

26/02 Le juge français FIEVET aurait offert quinze ordinateurs, sans appel à la concurrence !

26/02 : Plan de paix mort-né
de Guelleh pour la Somalie.

27/02 : DJIBOUTI : le port et les transports ( Extrait des Nouvelles d'ADDIS)

28/02 REPRISE DES COMBATS À LA FRONTIÈRE ÉRYTHRÉO-ÉTHIOPIENNE. --
(Extrait des Nouvelles d'ADDIS)

28/02 Le lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000 sera désigné le 2 mars 2000 :
Me AREF fait partie des 17 candidats retenus par l'IDHBB

02/03 : DEUX PROCESSUS DE PAIX
EN DANGER ?
02/03 : Affaire Borrel : deux juges d'instruction
et un procureur-adjoint se rendent à Djibouti
(Yahoo)
 
Sommaire de 'LA LIBERTÉ'
Tous les numéros depuis le N° 0

COURRIER DES LECTEURS
nous reprenons de façon anonyme en général (pour garantir la sécurité des auteurs)
le contenu intégral des lettres qui nous sont adressées.
Pour éviter toute polémique nous avons volontairement choisi de ne pas répondre aux critiques.

Nous publierons en revanche les messages des lecteurs qui souhaitent répondre.
L'ARDHD n'assume aucune responsabilité quant au contenu des messages de cette rubrique.
L'ARDHD rappelle qu'elle ne soutient aucune action politique, ni aucun parti
et qu'elle milite exclusivement en faveur de la paix et des Droits de l'Homme

 

25/02 - Affaire BORREL : par l'intermédiaire de LA NATION, le Gouvernement djiboutien reconnaît que le juge BORREL a été assassiné .....

En lisant votre précédant numéro de LA LIBERTÉ, je découvre que le journal LA NATION reconnaît officiellement et pour la première fois (à ma connaissance) que la mort du juge BORREL est un meurtre. ... et je reprends le texte que vous avez publié :

Aujourd'hui à ce stade de la situation dans l'évolution de cette affaire qu'elle a volontairement déclenché, la France couvre pour raison d'État, les vrais coupables dans l'assassinat de M. BORREL qui continuent d'occuper en toute impunité de très hautes fonctions au sein de la Françafrique.

Tous ceux qui connaissent Djibouti savent que le Journal LA NATION est l'organe officiel du Gouvernement et qu'aucun article ne pourrait y être publié, sans le consentement des plus hauts responsables politiques ...

Je laisse à vos lecteurs et aux journalistes qui travaillent sur ce dossier le soin de poursuivre leurs investigations, mais ce point me paraît tellement important, que j'ai cru bon de vous écrire pour le souligner.


M.C.
Paris



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26/02 Pourquoi la justice djiboutienne ne poursuit-elle pas les "coupables" français de l'assassinat du juge BORREL ?

Puisque le journaliste de LA NATION affirme qu'il connaît les véritables assassins du juge Bernard BORREL, je m'étonne que, dans un souci de vérité, il ne les communique pas. Il a certainement livré les noms au Président de la République M. Guelleh.

Pourquoi ce dernier ne demande-t-il pas à la justice djiboutienne "toujours saisie de l'affaire" de poursuivre ces coupables et de décerner contre eux des mandats d'arrêt internationaux ?

Pour quelles raisons, la justice française représentée à Djibouti par le juge FIEVET (successeur de feu Bernard BORREL) ne demande-t-elle pas à interroger ce témoin qui affirme connaître les noms des coupables dans le seul journal autorisé à Djibouti ?

Quels sont les liens "coupables" ou non qui unissent la France à Djibouti.

AMA

Note de l'ARDHD :
nous avions écrit dans un précédent article que la France serait obligée d'étouffer l'affaire BORREL pour (mauvaise) raison d'État Le mécanisme est en route (nouvelle annulation ce dimanche soir d'une émission télévisée : " un entretien avec le juge LE LOIRE, pourtant programmé sur M6"). Il doit y avoir un "cadavre" dans le placard entre la France et Djibouti....


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26/02 : Plan de paix mort-né de Guelleh
pour la Somalie.


Le régime alimentaire et policier de Guelleh compte organiser une
pseudo-conférence de paix somalienne dans l'espoir d'obtenir une aide
financière internationale des nations unies et d'étouffer les aspirations du
peuple djiboutien.


Le policier Guelleh est convaincu que les bailleurs de fonds n'hésiteront
pas à débourser des sommes considérables pour une prétendue cause
humanitaire.


Apparemment peu soucieux de ce qui se passe à Djibouti, Guelleh se fait
"médiateur" en proposant des solutions abruptes (isolement, blocus contre la
Somalie) tout en sachant pertinemment que les différentes tribus somalies
n'ont aucune sympathie pour lui.


Par ailleurs, les chefs coutumiers somaliens ont fermement condamné les
gesticulations du seigneur de guerre Guelleh.


Ce "plan de paix" commence à exacerber les rivalités tribales djiboutiennes
(Issas/non Issas somalis) parce que le régime tribaliste de Guelleh est
reconnu dans la Corne de l'Afrique comme l'ancien allié du feu Syad Barré.


A mes yeux, l'objectif inavoué de l'incendiaire Guelleh consiste à réunir
les conditions d'une guerre civile au Sud du pays.


Ce scénario plausible a déjà été pris en considération par d'une part, le
gouvernement du Somaliland (concentration de L'Armée somalilandaise à
Loyada) et, d'autre part par l'état-major des forces françaises de Djibouti
(activation du plan de regroupement des français en trois zones : cité de
l'aviation, Boulaos et Héron).


Les observateurs de la scène politique somalienne notent que le premier tour
de la guerre tribale somalienne s'est déroulé à Hargueysa, le deuxième tour
à Mogadiscio et la finale risque de se produire à Djibouti-ville.




M.A.
Montréal,
Canada


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Note de l'ARDHD : dans ce communiqué N° 11, la LDDH fait état de nombreuses violations des D.H. qui continuent à être commises dans le Nord. La signature des accords de Paix à Paris le 7 février avaient soulevé un grand enthousiasme non seulement à Djibouti, mais aussi dans la communauté internationale. Ces nouvelles exactions produisent l'effet inverse et posent des questions fondamentales
sur la véritable volonté du/des signataire(s) de l'accord.


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LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS


Le Président : Noël Abdi Jean-Paul
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007


 

Djibouti 24 février 2000,

Communiqué de presse N° 11/LDDH/2000.

L'exultation populaire et l'espoir qui ont suivi la signature de l'Accord Cadre entérinant de surcroît la cessation des hostilités entre le Gouvernement et le FRUD risque de s'estomper face encore à la multiplication des mesures de restrictions, notamment contre les populations civiles à Tadjourah, où l'Armée Gouvernementale procède sciemment ces derniers temps au maintien des barrages à la sortie de la ville.

Ces mesures coercitives visent essentiellement la libre circulation des biens et des personnes où les individus sont soumis parfois à des pratiques d'asservissements comme le couvre-feu et la pose d'empreintes ainsi que les obstructions aux Droits d'Aller et Venir dans son propre terroir.

Ce spectre de désolation générale, loin d'atténuer les souffrances quotidiennes de nos concitoyens laisse entrevoir l'émergence des difficultés subsidiaires pour une population déjà traumatisée par les affres de la guerre civile.

Par ailleurs, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), suit attentivement l'évolution de la situation au Sud du pays où de plus en plus des cas impaludés sont répertoriés et toujours sans assistance médicale décente.

La LDDH s'élève vigoureusement contre ces abus inqualifiables et insupportables qui deviennent quotidiens contre nos populations civiles dans ce contexte de Paix relative et demande incessamment une aide d'urgence tant nationale, qu'internationale.

Noël Abdi Jean-Paul
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BRUITS ET RUMEURS

26/02 Le juge FIEVET
aurait offert quinze ordinateurs,
sans appel à la concurrence!


Le juge FIEVET, dont l'activité juridique n'est pas toujours convaincante, aurait fait livrer une quinzaine d'ordinateurs "dernier cri" par un ami de son "ami" le procureur, sans la moindre possibilité de concurrence entre les commerçants de la place (de Djibouti) et aux frais des contribuables français "bi-hebdomadairement vilipendés" (dans La Nation).

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NOUVELLES BRÈVES ET REVUE DE PRESSE

 

26/02 - DJIBOUTI/SOMALIE :
Une conférence mal engagée


Extrait de la LETTRE DE L'OCÉAN INDIEN n°893 - 26/02/2000)



Malgré le soutien apporté, le 23 février, par le conseil de sécurité des Nations unies au plan de paix sur la Somalie élaboré par le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, les préparatifs de la conférence de réconciliation prévue à Djibouti, fin avril, se heurtent à de solides blocages.

(...)

Du coup, cela engendre l'opposition des chefs de guerre de Mogadiscio et remet en selle certaines personnalités somaliennes de second plan. Ainsi, un ancien colonel de L'Armée somalienne, Farah Waiss Doualeh, se prétendant mandaté par Djibouti, a rencontré à Mogadiscio, la semaine passée, d'autres ex-militaires somaliens pour les convaincre d'envoyer une délégation à ladite conférence.

(...)

Mais, dès son départ d'Hargeisa, les députés du Somaliland ont adopté, le 19 février, une résolution prévenant leurs concitoyens que toute participation à la conférence de Djibouti serait considérée comme un "acte de trahison". De son côté, le président du Puntland, Abdullahi Yussuf Ahmed, a critiqué le plan de paix djiboutien parce qu'il ne reconnaît pas la division de la Somalie en régions autonomes.

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2502 - DJIBOUTI : AHMED DINI NE RENTRERA PAS
TOUT DE SUITE A DJIBOUTI


Extrait de la LETTRE DE L'OCÉAN INDIEN n°893 - 26/02/2000




Le président du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (FRUD, ex-rébellion Afar) qui a récemment signé à Paris un accord de réconciliation avec le gouvernement de Djibouti, ne rentrera pas tout de suite dans son pays. Auparavant, Ahmed Dini devait s'envoler le 24 février pour le Yémen où il a de la famille. Il prévoit de revenir à Paris le 4 mars avant d'envisager son retour à Djibouti.




La lettre de l'Océan Indien : Vous pouvez créer vos propres alertes :
http://www.africaintelligence.fr


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26/02 OUA - Commission Africaine des Droits de l'Homme
et des Peuples

Une mission auprès d'Ismaël Omar GUELLEH
dirigée par Maître Jamel REZAG BARA


nous apprenons que la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (OUA - UAO)
a délégué Maître Jamel REZAG BARA, avocat à Alger et membre de la Commission, qui effectue actuellement une mission à Djibouti. Nous ne connaissons pas les termes de la mission, mais elle est certainement en relation directe avec les inquiétudes exprimées par l'OUA sur la situation des Droits de l'Homme sur le territoire.


La mission s'achèvera vendredi 3 mars à Djibouti. Nous espérons avoir connaissance ensuite du rapport qui sera rédigé par Me Jamel Rezag Bara.

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26/02 Aide italienne :
LA NATION s'est-elle engagée un peu vite ?


La NATION a publié récemment un article "glorificateur" pour annoncer une aide du Gouvernement italien à hauteur de 35 MM de FF. Dans sa réponse à une question qui lui a été posée, le Gouvernement italien semble indiquer qu'aucune somme n'aurait été débloquée en faveur de Djibouti et qu'il faudrait, dans le meilleur des cas, attendre un ordre d'exécution ce qui prendrait un certain temps ... De toutes les façons, à ce jour, il semblerait qu'aucun montant n'ait encore été défini ....

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27/02 : DJIBOUTI :
le port et les transports vers l'Éthiopie



Extrait des Nouvelles d'ADDIS

LES "NOUVELLES D'ADDIS". -- Pour comprendre le conflit érythréo-éthiopien (origines, issues, enjeux), rendez-vous régulièrement aux pages publiées par Les Nouvelles d'Addis. www.lesnouvelles.org

 

http://membres.tripod.fr/lesNouvelles/index-LDN_006.html

LE PORT DE DJIBOUTI OBJET DE TOUTES LES ATTENTIONS. --
Selon Seven Days Update, résumé hebdomadaire de la presse éthiopienne (Waag Communications), "L'Éthiopie compte tellement maintenant sur le port de Djibouti qu'il ne se passe pas une journée sans que les médias disent quelque chose sur cette fenêtre unique de l'Éthiopie ouverte sur le monde aujourd'hui". Extraits du relevé thématique de l'hebdomadaire.


Dubaï, mer Rouge. -- selon l'hebdomadaire Capital (12 février), Djibouti devrait confier l'administration complète de son port à l'autorité du port de Dubaï. Un accord de bail de 20 ans serait sur le point d'être signé, si l'on en croit des "sources fiables".

Équipements et investissements. -- selon Reporter (13 février), Djibouti a reçu d'une société chinoise un ensemble de matériels de levage "de nouvelle génération" qui sera opérationnel en mars 2000 (coût : 15 millions de $US). Mais, comparés aux investissements des ports concurrents d'Aden (Yémen, 300 millions de $US) et de Salalah (Oman, 260 millions de $US), ceux de Djibouti paraissent un peu "légers".

Vos problèmes sont les nôtres. -- selon Reporter (16 février), Djibouti et l'Éthiopie, avec l'appui financier de la France, organiseront un séminaire dans chacun des deux pays en mars sur le thème : "Transport et transit plus faciles entre la République démocratique fédérale d'Éthiopie et la République de Djibouti.

Tours et détours. -- Toujours selon Reporter (16 février), l'état de routes entre le port de Djibouti et la frontière éthiopienne est "très pauvre". Mais une étude d'un constructeur français a été faite, pour l'améliorer et la mettre à niveau. La Commission européenne conduira aussi sa propre étude régionale.


En attendant, Addis Tribune, hebdomadaire privé (18 février), a annoncé la réparation de 40 km de route par l'Éthiopie. Ce projet, selon Debebe Gizaw de l'Autorité éthiopienne des routes, vise à sécuriser le transport des marchandises et à "prévenir n'importe quels dégâts aux marchandises". Par ailleurs, l'hebdomadaire annonce un plan de Djibouti pour entreprendre un nouveau projet et chercher une solution durable du problème. 700 à 800 camions empruntent cette route quotidiennement.



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28/02 REPRISE DES COMBATS À LA FRONTIÈRE ÉRYTHRÉO-ÉTHIOPIENNE. --

Extrait des Nouvelles d'ADDIS : www.lesnouvelles.org

Prémices de l'offensive éthiopienne annoncée ou pression médiatique internationale autour d'une escarmouche ? Les deux peut-être.


Dimanche 20. -- À l'occasion des festivités du 25ème anniversaire du début du soulèvement armé du Front populaire de libération du Tigray (TPLF) contre Menguistu Haïlé Mariam, le Premier ministre éthiopien, Mélès Zénawi, menace d'user de "tous les moyens" pour "restaurer la souveraineté" et exige le retrait érythréen de "chaque pouce de territoire éthiopien".


Mercredi 23. -- Le porte-parole de la présidence érythréenne, Yemane Ghebremeskel, annonce "une attaque d'une brigade éthiopienne tôt ce matin" sur le front est (80 km du port érythréen d'Assab).


Jeudi 24. -- La porte-parole du gouvernement éthiopien, Salomé Tadesse, accuse Asmara d'avoir provoqué ces "accrochages [...] de faible intensité".



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29/02 :
" SOS AFRICA" FÊTE SES DIX ANS.

Jean-Michel POUCHELLE raconte sa vie au service des populations africaines et son incarcération invraisemblable par le régime dictatorial de Djibouti pour l'empêcher d'aider les populations du Nord, victime de la guerre et des violations des D.H.


Jean-Michel Pouchelle apportant soin et réconfort aux malades
dans le Nord de Djibouti avant son arrestation en 1994
"pour soutien à l'ennemi"


nous avons relevé plusieurs interviews de Jean-Michel Pouchelle
dans la Presse du Nord de la France.


Journal d'Abbeville :
"....Arrêté en août 1994 par deux policiers du pays dans un camion de l'UNICEF. Condamné à six, puis huit mois de prison, il est tout d'abord emprisonné dans la prison civile de Gabode, avant de rejoindre l'hôpital Peltier de Djibouti-Ville, suite à une nouvelle grève de la faim. Mais ce qui aura le plus marqué Jean-Michel Pouchelle, c'est la "farce" qui suivra : "On m'a transféré à Fleury-Merogis pour finir une peine que je ne méritais pas. 25 jours à Fleury-Merogis et mon honneur perdu... J'ai également une pensée pour le délégué djiboutien de l'Association, (Me AREF), interdit de quitter le territoire et d'exercer sa profession d'avocat"....


Courrier Picard :
"... Jean-Michel Pouchelle ne peut se résigner à rester impassible à ce qui se passe dans ce pays (Djibouti) soutenu par le gouvernement français, d'autant plus que le délégué djiboutien de SOS AFRICA, Mohamed AREF, avocat a été condamné par la dictature et jeté en prison..."


"... Après l'épisode de Djibouti, SOS AFRICA a continué son action, cette fois au Burkina Faso. Le Gouvernement Burkinabé a laissé l'ONG conduire son programme humanitaire, axé sur l'éducation et la santé..."

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02/03 Esber Yagmurdereli ( TURQUIE )
Lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000


Par délibération du 2 mars 2000, le jury du " Prix International des droits
de l'homme Ludovic-Trarieux " a attribué le Prix 2000 à l'avocat, écrivain et
militant des droits de l'homme turc Esber Yagmurdereli qui purge une peine de
prison pour avoir prôné une solution pacifique au problème kurde.
Le Prix d'une valeur de 30 000 FF (4.573,47 €) est décerné tous les deux
ans conjointement par l'Institut des Droits de l'Homme du Barreau du Bordeaux
et par l'Union des Avocats Européens à un avocat, sans condition de
nationalité ou d'appartenance à un Barreau, qui aura illustré par sa vie, son
œuvre ou ses souffrances, la défense des Droits de l'Homme, des Droits de la
Défense, la suprématie de l'état de droit, la lutte contre les racismes et
l'intolérance sous toutes leurs formes. Le prix dont le premier lauréat avait
été Nelson Mandela alors emprisonné, en 1985, avait pour précédent lauréat
l'avocat chinois Zhou Guoqiang en 1998. Le Jury a en outre demandé aux
autorité turques la libération immédiate de M. Yagmurdereli.


La biographie de Esber Yagmurdelereli peut être trouvée sur le site internet
de l'IDHBB à l'adresse suivante :


www.idhbb.org.









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03/03 : dans un excès de zèle, le fonctionnaire de l'agence de communication de Djibouti se prend les pieds dans le tapis .. il compare son patron à Poutine dans sa lutte en tchétchènie !

Depuis plusieurs semaines, un fonctionnaire de l'agence de communication de Djibouti (qui insiste beaucoup pour se faire passer pour un étudiant, vivant en dehors de Djibouti) agissant au nom d'un Groupe baptisé pour la circonstance : "Pour le rétablissement de la Vérité" se répand en injures variées sur Internet contre notre Association, Me Montebourg et Me Calatayud.

Comme nous l'avions déjà écrit, nous n'avons aucune intention de lui répondre. L'information est libre en Europe et chacun doit pouvoir exprimer ses opinions et ses sensibilités ...

Ce qui est nouveau et intéressant (et même drôle, pourrait-on dire si le sujet n'était pas aussi sérieux), c'est que ce fonctionnaire dans un excès de zèle, compare son Patron à Poutine luttant contre les tchétchènes. Pouvait-il choisir un meilleur exemple pour justifier notre action contre le régime dictatorial de Djibouti, opprimant et torturant les populations du Nord !

Depuis des années que nous luttons pour le Respect des Droits de l'Homme à Djibouti, nous n'aurions jamais osé la comparaison entre les méthodes inqualifiables de Poutine et de L'Armée Russe en Tchéchènie avec celles de Guelleh.

Ironie du contexte : c'est l'un des propres collaborateurs de M. Guelleh, un fonctionnaire, qui franchit le pas et en plus au nom "du rétablissement de la vérité".

Ci-dessous, un extrait du message reçu :

"PERSONNE AU MONDE N'A LE DROIT D'EMPÊCHER LE PRÉSIDENT GUELLEH DE DÉFENDRE L'UNITÉ ET L'INTÉGRITÉ DE DJIBOUTI TOUT COMME L'ONT FAIT LES PRÉSIDENTS LINCOLN, DE GAULLE ET POUTINE ENVERS LEURS PAYS RESPECTIFS.

Il est clair qu'aucun gouvernement au monde n'accepte le démantèlement de son pays par des groupes séparatistes terroristes et encore moins d'être annihilé par des mercenaires étrangers.

On peut noter des exemples de différentes méthodes utilisées dans différents pays, à des époques différentes.

a) Lors de la guerre de sécession aux Etats-Unis d'Amérique, le Président Lincoln a lutté farouche ment contre les 11 États séparatistes et a payé de sa vie pour l'Unité et l'Intégrité de son pays.

b) Durant le règne du général De Gaulle et jusqu'à aujourd'hui encore, la France est toujours fermée au projet des séparatistes Bretons, Basques, Corses et autres...

c) Poutine, président a.i. de la Russie, se bat encore contre les séparatistes Tchétchènes.

...."

Ibrahim Ali Abdallah dit Farès Le Djiboutien
Porte-parole du Groupe pour le Rétablissement de la Vérité sur Djibouti.

 

M. Guelleh va-t-il féliciter ce fonctionnaire zélé, pour ses comparaisons pour le moins audacieuses ... ou va-t-il lui décerner le bonnet d'âne et le mettre au coin pendant quelque temps ?

Il ne serait pas étonnant non plus que les Présidents Lincoln et de Gaulle se soient retournés dans leurs tombes en entendant que leurs actions étaient comparées à celles de Poutine !

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28/02 Lettre ouverte de Mohamed AREF
à M LEY-NAGARDIGAL (Président d'ACTUS - TCHAD-)

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AREF MOHAMED AREF
Rue de Moscou
B.P. 1441 ; Tél (253) 35 45 71 ; Fax (253) 35 68 57
DJIBOUTI

 

Djibouti, le 21 février 2000

Monsieur LEY -NAGARDIGAL Djimadoum
Secrétaire Général de ACTUS


 


Monsieur le Secrétaire Général,


En présence des aboiements des dogues des dictatures que j'affronte j'ai toujours adopté l'attitude de la caravane qui passe. C'est pourquoi j'ai évité de me baisser et de me laisser entraîner dans les bas fonds crasseux où végète ce germe de pauvres types qui le plus souvent ne savent pas comment gagner honorablement leur vie .


Si je prends la plume c'est uniquement pour vous apporter une précision et pour vous témoigner mon soutien.


La précision concerne mon origine africaine. L'Histoire contemporaine (inutile de remonter plus loin) de la corne orientale de l'Afrique révèle notamment :

  • que mon arrière-arrière grand-père ABOUBAKER HiRAHIM était Pacha de Zeila : c'est d'ailleurs lui qui a fait venir la France dans cette région pour l'aider à repousser les velléités d'invasion britannique. Zeila se trouve à l'extrême nord de la Somalie et donc en Afrique .
  • que l'un de ses fils MOHAMED ABOUBAKER était Pacha du HARAR et arrière grand-père de mon cousin MENELIK III fils de sa Majesté YASSOU Empereur d'Éthiopie assassiné par HAlLE SELASSIE ( devenu par la suite Empereur d'Éthiopie ) à la suite d'un coup d'État organisé par les puissances coloniales françaises et anglaises. Je ne vous ferai pas l'outrage de vous dire où se trouve l'Éthiopie
  • qu'un autre de ses fils BOURHAN ABOUBAKER était Bey de Djibouti qu'il a créé. Sa signature figure sur tous les traités conclus à l'époque avec les représentants de ce pays.
  • que l'un des frères de mon père, mon oncle ALI AREF BOURHAN a été Président du conseil de gouvernement de ce pays appelé à l'époque Territoire des Afars et des Issas qu'il a conduit à l'Indépendance pacifiquement et dans la démocratie .

Comme je n'ai pas l'habitude de faire état de ces origines, la plupart de mes amis les ignorent : vous pouvez d'ailleurs à cet égard interroger les militants tchadiens des Droits Humains dont je salue ici le courage et l'abnégation dont ils ont fait preuve ainsi que l'oeuvre de pionnier qu'ils ont brillamment réalisée en matière de lutte contre l'impunité en Afrique. Mais comme je suis fier de mon origine africaine, je n'ai pu tolérer que vous soyez induit en erreur.


Cela dit j'approuve totalement tous vos propos et plus particulièrement sur l'impérieuse et urgente nécessité d'une intégration africaine que personnellement je souhaite ardemment tant économique que politique. A cet égard je vous adresse, ci-joint, un projet de journées d'étude et de réflexion sur l'intégration africaine, dont en 1992 j'ai rédigé pour la CIJ l'esquisse que vous pourrez dont lire ci-après et dont vos commentaires (privés) m'apprendront certainement beaucoup car depuis huit ans l'idéal que nous avons en commun a considérablement évolué et ne semble plus être considéré comme irréaliste puisque, à l'initiative de Monsieur KADHAFI tous les chefs d'États africains en exercice en ont adopté le principe à la veille de l'an deux mille. Je pense qu'il ne saurait être acceptable que cet idéal soit détourné de son but noble et réel. C'est pourquoi je suis soucieux d'alerter un maximum d'Africains issus de la société civile sur l'intérêt, l'impérieuse et urgente nécessité de veiller au grain avant qu'il ne soit trop tard.

Si vous connaissez un cercle africain qui étudie cette question je vous serais vivement reconnaissant de bien vouloir m'en communiquer les coordonnées afin de me permettre de me joindre à eux. Car je pense qu'il s'agit là de l'avenir de notre continent et d'une partie non négligeable de l'humanité dont les souffrances sont insupportables pour un être humain normalement constitué farouchement opposé aux " HAIDER " quelles que soient leurs origines, leur religion ou la couleur de leur peau. Emprisonnés ou assignés à résidence en Afrique ou encore réfugiés sur d'autre continent nous devons tous nous exprimer sur ce sujet capital car, comme le disait Pierre MENDÉS FRANCE " si les individus se réfugient dans une sorte de passivité civique, la vie nationale tout entière en subit les conséquences ". Nous devons donc avoir " le courage de la vérité " si cher à mon ami Arnaud MONTEBOURG. Et aujourd'hui comme hier surtout en Afrique, pour l'Afrique et les Africains ainsi que l'a si justement défini Jean JAURES dans son discours à la jeunesse " le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ".


Je vous en remercie par avance et vous prie d'agréer , Monsieur le Secrétaire Général, l'assurance de mes salutations panafricanistes confraternelles .



Aref Mohamed Aref

 

Note de l'ARDHD :

Ce courrier fait suite à une lettre ouverte de M LEY-NAGARDIGAL, publié dans le numéro 21.
Pour la consulter, cliquez ici.

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28/02 PROJET DE JOURNÉES
D'ÉTUDE ET DE RÉFLEXION
SUR L'INTÉGRATION AFRICAINE
(AREF MOHAMED AREF)


L'ensemble du continent africain traverse une période difficile dans son histoire et, peut-être, la plus délicate. En effet, à la suite de la déclaration de faillite du communisme en ex-URSS, le vent de liberté et de démocratie qui a soufflé sur les pays de l'Europe Orientale a aussi atteint l'Afrique.


Mais dans la plupart des états, les problèmes demeurent et tournent tous principalement autour de trois maux dont souffrent terriblement les Africains :

- le Nationalisme à base tribale, ethnique ou clanique ;

- l'absence totale de démocratie véritable ;

- le sous-développement économique.

Le tout vecteur d'une corruption effrénée et dévastatrice.

Sans entrer dans les détails, pour rechercher des solutions éventuelles, deux cadres sont généralement envisagés par les uns ou les autres mais une troisième approche semble plus appropriée et en tout cas mérite une sérieuse et profonde réflexion d'autant que les institutions de ce type doivent être pensées pour régir plusieurs générations et non répondre à des besoins conjoncturels.

1°/ La première voie est celle qui consiste à dire que puisque le mal le plus profond dont souffre l'Afrique est le nationalisme résultant du découpage colonial, il suffirait de refaire un tracé des frontières épousant l'occupation ethnique ou tribale des populations concernées, on ferait ainsi disparaître les rivalités tribales dans chaque pays ainsi créé.

Aussi séduisante qu'elle puisse paraître, cette solution ne paraît plus réalisable aujourd'hui car elle sera sans aucun doute, un peu à l'image de ce qui se passe en Yougoslavie, source de conflits après et sans fin, même entre deux ensembles ayant instauré respectivement un régime parfaitement démocratique.

2°/ La seconde position qui est apparemment la plus répandue consiste à dire que tout en gardant telles quelles les frontières héritées de la colonisation, il suffit d'introduire la démocratie dans les pays Africains.

Moins courte que la première, cette vue ne paraît pas plus réaliste car elle ne prend pas en compte et en profondeur les autres maux dont souffre la plupart des états du continent :

- Dans la plupart des pays, aucun système réellement efficace pour surmonter les sentiments tribaux, voire claniques si solidement ancrés par le découpage colonial puis les dictatures n'est possible raisonnablement ;

- sur le plan économique, l'échelle de chaque état est, en règle générale, trop réduite pour envisager un développement réel approprié et de type moderne et efficace pour faire face à la concurrence des autres grands ensembles du Monde et notamment U.S.A., C.E.E., et ASIE.

Bien au contraire et malheureusement, cette hypothèse risque à la fois de voir ressurgir les réflexes nationalistes à base ethnique ou tribale et de n'apporter aucune solution économique et, en définitive, de permettre à plus ou moins court terme la résurgence et par la suite, la pérennité de la situation actuelle qui fait injustement apparaître l'Africain comme un éternel assisté.

3°/ Une troisième approche consiste à s'interroger sur le fait de savoir si le temps n'est pas venu d'envisager la création d'une ou plusieurs fédérations Africaines regroupant sous une même bannière tous les états d'Afrique ou plusieurs d'entre eux au fur et à mesure qu'ils instaurent un état de droit démocratique à partir des frontières existant actuellement.

Tout en permettant les particularismes locaux dans divers domaines, une telle vue présente plusieurs avantages à des niveaux multiples et notamment :

- de substituer une nation Africaine aux nationalismes à base tribale ou ethnique ;

- de faire disparaître (au pire à terme) les conflits territoriaux ethniques dans la mesure où chaque Africain sera chez lui dans n'importe quel état de la fédération envisagée ;

- d'assurer, grâce à une Cour Suprême Fédérale un contrôle détribalisé des décisions judiciaires locales et faire ainsi prévaloir la primauté du droit ;

- d'arriver à un résultat similaire en matière législative et gouvernementale grâce à des institutions fédérales ;

- grâce aussi à la création de grandes voies de communication indispensables, de lever toutes les barrières économiques et facilités d'échanges interafricains, ce qui permettra la création d'un vaste et libre marché Africain, seul susceptible d'engendrer de grosses entreprises Africaines enfin capables d'affronter la concurrence de celle des états développés et de susciter un développement endogène ;

- de stimuler un marché du travail Africain par la possibilité pour un employeur de puiser légalement et sans contraintes dans une main d'œuvre qualifiée aussi nombreuse que diversifiée ;

- de réduire, voire supprimer de façon significative l'arsenal militaire impressionnant accumulé par les états Africains et d'utiliser les économies budgétaires qui en résulteront à des fins pacifiques et à l'insertion dans le développement économique et social des états concernés des soldats ainsi dégagés ;

- de restaurer la paix sur le continent qui y aspire ;

- de rationaliser enfin l'aide économique internationale et de l'appliquer à grande échelle à sa réelle destination ;

- de diminuer considérablement les dépenses de prestige qui pourront être mieux utilisées ;

- de faire accéder ce vieux continent au rang de puissance moderne ;

ETC…

Il n'est pas inutile d'ajouter qu'au fond de lui-même, chaque Africain ressent le sentiment profond d'appartenir à une communauté à l'échelle continentale.

Le continent Africain tout entier est actuellement totalement absent de l'élaboration des nouvelles stratégies politiques, industrielles et commerciales mondiales. S'ils ne réagissent pas très rapidement, les Africains seront très vite irrémédiablement sur la touche et deviendront à jamais les éternels assistés du Globe.

Il est bien évident qu'un tel projet ne peut-être mené que par les Africains eux-mêmes et appelle de leur part un engagement sans faille et déterminé.

Mais la réflexion qui le précède ainsi que sa réalisation ne peuvent être conduites à terme qu'avec le soutien absolument indispensable de tous ceux qui ont le souci sincère et désintéressé de sauver tout un continent d'une catastrophe apparemment inéluctable. Pourront aussi s'y joindre tous ceux qui se souviennent de l'engagement généreux et désintéressé de tous les Africains aux côtés des puissances alliés et notamment de la France en particulier lors de deux conflits mondiaux.

Une réflexion sur l'intégration Africaine si elle peut être encouragée et soutenue devra regrouper durant au moins une semaine des juristes et des économistes du continent Africain avec l'aide indispensable de toutes les bonnes volontés. Il en sortirait un document susceptible de servir de base à un vaste débat politique à l'échelle du continent Africain voire des Nations Unies.

Aref Mohamed Aref
Djibouti

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Le"Prix International des Droits de l’Homme
"Ludovic-Tr

28/02 Le lauréat du Prix Ludovic-Trarieux 2000
sera désigné le 2 mars 2000


Le Prix International des Droits de l’Homme Ludovic-Trarieux " a été créé le 27 février 1984, en mémoire de Ludovic Trarieux, avocat qui, en 1898, en plein cœur de l’affaire Dreyfus, en France, fonda la " Ligue française pour la défense des Droits de l'Homme et du Citoyen ", qui est à l’origine de toutes les ligues créées depuis dans le monde.Décerné tous les deux ans il ne peut être ttribué qu’à un avocat sans distinction de nationalité ou de barreau.

Le lauréat est ainsi un avocat qui a, au cours des deux années qui précèdent le vote du Jury, "illustré par son œuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des droits de l'Homme, des droits de la défense, la suprématie du droit, la lutte contre les racismes et l'intolérance sous toutes leurs formes", après consultation des grandes associations humanitaires.

Depuis 1992, le Prix est attribué conjointement par l’INSTITUT DES DROITS DE L'HOMME DU BARREAU DE BORDEAUX et l’UNION DES AVOCATS EUROPEENS,

Le premier Prix LUDOVIC TRARIEUX a été attribué le 29 mars 1985 à Nelson MANDELA, alors alors qu'il était emprisonné depuis vingt trois ans en Afrique du Sud et remis officiellement à sa fille, Zenani Mandela Dlamini, le 27
avril 1985.



C’était à l’époque un des cinq premiers Prix dans le monde à lui être décernbé décernés (après le "Jawaharlal Nehru Award for International Understanding", à New Delhi, en 1980, le "Dr Bruno Kreisky Prize for merit in the field of human rights", à Vienne en 1981, le premier "Simon Bolivar
International Prize" par l’UNESCO à Caracas, en 1983 et le "Playa Giron Award", (décerné par Fidel Castro à Cuba, en 1984). Mais il s’agissait là du premier Prix jamais décerné par des avocats . Et, le premier par la France.Le 11 février 1990, Nelson MANDELA était libéré. A partir de cette date, il a
été décidé d'attribuer à nouveau le Prix tous les deux ans conjointement avec l'UNION DES AVOCATS EUROPEENS (Commission "Droits de l'Homme").


A cette occasion plus de 40 organisations non-gouvernementales, barreaux ou associations à but humanitaire sont consultés à travers le monde pour désigner le (ou les) candidat(s) qui leur parait (ou paraissent) répondre aux critères spécifiques d'attribution du Prix. L'attribution du Prix a été
rendue possible grâce au concours du Barreau de Bordeaux, de l'Union des Avocats Européens, du Conseil Général de la Gironde et de l'Ecole Nationale de la Magistrature.C'est ainsi qu'ont été successivement lauréats :


1985 : Nelson MANDELA (Afrique du SUD)

1992 : Augusto ZÚÑIGA-PAZ (Pérou)

1994 : Jadranka CIGELJ (Bosnie-Herzégovine)

1996 : Prix attribué conjointement à Najib HOSNI (Tunisie)et Dalila MEZIANE (Algérie).

1998 : ZHOU Guoqiang (Chine)

Après Nelson MANDELA, en 1985, Najib HOSNI a été le second lauréat à se voir attribuer le Prix alors qu'il est en détention. Sa Candidature était présentée par l'Union Internationale des Avocats (Commission Défense de la Défense), la Fédération Internationale de l'Action des Chrétiens pour
l'Abolition de la Torture (FIACAT), le Centre d'Information et de Documentation sur la Torture-Tunisie (C.I.D.T.-TUNISIE), le "Lawyers Committee for Human Rights" (LCHR - New-York), Amnesty International, l'American Bar Association (ABA) - l'Institut des Droits de l'Homme du
Barreau de Paris, Human Rights Watch (Washington).


Madame Dalila MEZIANE était, quant à elle, la deuxième femme, après Madame Jadranka CIGELJ, en 1994, a recevoir le Prix. Sa candidature était présentée par European Légal Network on Asylum (ELENA).


Trois mois après la remise de son prix, à Bordeaux, entre les mains de son représentant, le Dr Hélène JAFFE, Président de AVRE, Najib HOSNI a été libéré par grâce présidentielle spéciale du présidant BEN ALI, le 14 décembre 1996.


Le V ème Prix a été attribué, le 25 Mai 1998, à l'avocat chinois ZHOU Guoqiang. Malgré de longues démarches, l’IDHBB n'a pu obtenir pour ZHOU Guoqiang la garantie qu'il pourrait retourner à Pékin s'il venait en France. C'est la raison pour laquelle ZHOU a du renoncer à quitter le territoire chinois et a demandé à M. LIU Qing, dirigeant d'HUMAN RIGHTS in CHINA qui vit en exil à New York depuis 1991, où WEI Jingsheng l'a rejoint, de se rendre à Bordeaux pour recevoir le Prix en ses lieu et place.
C'est Robert BADINTER, ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil Constitutionnel de France, qui lui a remis le " Vème Prix International des Droits de l'Homme Ludovic Trarieux ", le 2 octobre 1998, dans le grand amphithéâtre de l'Ecole Nationale de la Magistrature à BORDEAUX.


Afin d'aider le jury dans son choix, l'IDHBB a demandé, comme les années précèdentes, à toutes les institutions, associations de défense des droits de l'homme de lui faire connaître la situation des avocats susceptibles de correspondre aux critères cités d'attribution du Prix.


L'IDHBB tient à remercier toutes les organisations des droits de l'homme qui ont répondu à son appel et lui ont adressé des dossiers de candidatures pour le Prix 2000 et particulièrement:

  • Amnesty International
  • Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD)
  • Association Française des Amis des Démocrates de Djibouti (AFADD)
  • Avocats sans Frontières (ASF)
  • Canadian Journalists for Free Expression (CJFE)
  • (CIDT-Tunisie)
  • European Legal Network on Asylum (ELENA)
  • Féderation Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)
  • International PEN - Writers in Prison
  • CommitteeThe International Freedom of Expression
  • eXchange (IFEX)
  • International Movement for a Just World (JUST)
  • Lawyers Committee for Human Rights (LCHR)
  • Persatuan Kebangsaan Hak Asasi Manusia (HAKAM)
  • Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme
  • Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos
  • Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH)
  • UAE-Human Rights

Au 1er Fevrier 2000, (clôture : 30 janvier 2000) l'I.D.H.B.B. a enregistré
les candidatures suivantes :

      AFRIQUE
      • Aref Mohamed Aref - Djibouti
      • Bénéwendé Sankara - Burkina Faso
      • Diallo Yacoub - Mauritanie

      AMERIQUE
      • Fabilola Letellier - Chili
      • Digna Ochoa - Mexique
      • Israel Ochoa Lara - Mexique
      • Alirio Uribe - Colombie

      ASIE
      • Asma Jahangir - Pakistan
      • Hina Jilani " "
      • Lim Kit Siang - Malaisie

        EUROPE
      • Rosemary Nelson (+) - Irlande du Nord
      • Vera Stremkovskaya - Belarus
      • Bajram Kelmendi(+) - Kosovo
      • Teki Bokshi - Kosovo
      • Michel Laurain - France

        AFRIQUE DU NORD/MOYEN ORIENT
      • Esber Yagmurdereli - Turquie
      • Sevil Dalkiliç - Turquie
      • Radhia Nasraoui - Tunisie
Il doit être précisé, que le prix n'est considéré comme définitivement attribué que si le récipiendaire ou un membre de sa famille l'accepte et vient le recevoir lors d'une cérémonie de remise qui se tient à BORDEAUX, et aura lieu dans le courant du deuxième trimestre 2000.

Le 6ème INTERNATIONAL DES DROITS DE L'HOMME "LUDOVIC TRARIEUX" 2000 sera attribué à l'un des dix sept candidats le 2 mars 2000.

 

Composition du Jury :


Monsieur Bertrand FAVREAU, Président IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Enrico Adriano RAFFAELLI, Président de l'UAE ( Milano)
Monsieur Thierry WICKERS, Bâtonnier de l'Ordre (Bordeaux)
Madame Brigitte AZEMA-PEYRET, (IDHBB, (Bordeaux)
Monsieur Raymond BLET (IDHBB) ( Bordeaux)
Monsieur Claude BONTINCK, ancien Président de l'UAE (Bruxelles)
Madame Valérie BRAILLON (secrétaire générale IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Georges TONNET, ancien Bâtonnier, (Bordeaux)
Monsieur Philippe FROIN, Trésorier IDHBB ( Bordeaux)
Monsieur Christian ROTH, ancien président de l'UAE (Paris)
Monsieur Jean-Pierre SPITZER, Directeur scientifique de l'UAE (Paris)
Madame Hélène SZUBERLA, vice-président IDHBB (Bordeaux)

Le nom du ou des lauréat(s) sera annoncé sur le site de l'IDHBB
www.idhbb.org
à partir du 3 mars 2000.

Pour tous renseignements complémentaires : Tel OO 33 (O) 1 56 81 73 75


08/02

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02/03 : DEUX PROCESSUS DE PAIX EN DANGER ?

Depuis quelques semaines, nous avons assisté à plusieurs représentations médiatiques, à l'instigation de M. Guelleh, autour du thème de la Paix : la Paix en Somalie et la Paix à Djibouti.

M. Guelleh, qui avait certainement besoin de détourner l'attention de l'opinion internationale sur des affaires qui pourraient le concerner de près, de très près .. a initié deux processus de Paix .

Qui pourrait lui reprocher d'oeuvrer pour la Paix ?
Personne ... et de nombreusesinstitutions internationales lui ont apporté leur appui et leur soutien.

Malheureusement le bilan, aujourd'hui, est décevant :

  • le processus en Somalie ne rencontre pas l'adhésion des différentes parties et il pourrait se conclure sur un échec.
  • l'accord avec le Frud n'est suivi d'aucune mesure concrète ni dans le domaine de la démocratie ni sur le plan des Droits de l'Homme. La déception fait progressivement place à l'enthousiasme des premiers jours : le blocus dans le Nord n'a pas été levé, ...., nous n'enregistrons aucune avancée dans les faits (libertés individuelles, liberté de la presse, etc.. le seul point positif est la libération de 29 prisonniers politiques et la condamnation/libération de 10 autres.

La Paix est exigente : c'est une démarche difficile qui impose une "bonne dose" de sincérité. Il faut la conduire sérieusement et avec conviction, sinon les tentatives sont vouées à l'échec. Utiliser la Paix pour des considérations personnelles peut se révéler dangereux : elle peut se retourner contre la fourberie !

Si M. Guelleh avait besoin de calmer une urgence politique / judiciaire, était-il pour autant animé par une volonté sincère de faire la Paix et de développer le climat politique, social et judiciaire nécessaire ? La réponse à cette question pourrait expliquer les échecs prévisibles qu'il devrait alors assumer.

Nous serons rapidement fixés ... sur l'avenir de ces deux processus de Paix !

En dépit de nos doutes, nous voulons toujours y croire, car la cause des Droits de l'Homme n'a rien à gagner dans un échec de ces processus de Paix. C'est la raison pour laquelle nous demandons une nouvelle fois au Gouvernement djiboutien de prendre les mesures nécessaires pour rassurer l'opinion en montrant qu'il y a une évolution véritable du régime :

  • arrêt définitif de toutes les violations des Droits de l'Homme : torture, arrestations arbitraires, en particulier dans le Nord à l'encontre des populations civiles,
  • restauration des libertés fondamentales : liberté de voyager librement à l'intérieur et à l'extérieur, liberté de s'exprimer, liberté de la Presse,
  • libération de tous les prisonniers politiques et vote d'une amnistie générale pour tous afin de mettre un terme aux instructions menées contre eux dans des conditions plus que critiquables,
  • rétablissement d'un système juridique équitable avec des juges et des avocats libres et indépendants,
    cessation des harcèlements policiers à l'encontre des personnalités de l'opposition et des responsables des Associations de Défense des D.H.
    ,
  • (a suivre)

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02/03 : Affaire Borrel: deux juges d'instruction
et un procureur-adjoint se rendent à Djibouti


PARIS (AP) -- Les deux juges d'instruction parisiens qui enquêtent sur le décès d'un magistrat français à Djibouti doivent se rendre vendredi dans ce pays pour y interroger plusieurs personnes, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.


Les juges d'instruction Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, accompagnés par le procureur-adjoint de la République de Paris, Jean-Claude Dauvel, resteront une dizaine de jours à Djibouti. Ils doivent vérifier les déclarations faites en janvier par un ancien officier de la garde présidentielle de Djibouti, aujourd'hui réfugié en Belgique, qui affirme que Bernard Borrel, détaché comme conseiller au ministère djiboutien de la Justice, a été assassiné, indique-t-on de mêmes sources.

Le corps de Bernard Borrel a été retrouvé carbonisé le 19 octobre 1995. L'enquête confiée à la brigade criminelle a conclu à la thèse du suicide alors que la veuve du magistrat est persuadée que son mari a été victime d'un assassinat.

Mohammed Saleh Alhoumekani, entendu le 31 janvier par les deux magistrats instructeurs, a accusé l'actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, ainsi qu'un terroriste libanais et un restaurateur corse, d'être les commanditaires de l'assassinat du magistrat français.

Selon les avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice et Laurent de Caunes, le juge d'instruction Marie-Paule Moracchini, aurait invité ce témoin à revenir sur ses déclarations lors de son audition. Les deux avocats ont tenté, sans succès, de faire dessaisir les juges d'instruction.

Le Syndicat de la magistrature (SM), partie civile dans ce dossier, n'a toujours pas déposé devant la Cour de cassation la requête en suspicion légitime qu'il voulait formuler début février contre les deux magistrats. Le SM pourrait saisir la chambre d'accusation afin qu'elle instruise le dossier, explique-t-on au syndicat.

(Source Yahoo)

 

Note de l'ARDHD :
Nous avions publié cette information dès le 22 février. D'après nos informations, les juges et le procureur agiraient dans le cadre d'une commission rogatoire. Ils ont pour objectif d'interroger un certain nombre de témoins dont M. Guelleh en personne.


La question est de savoir si M. Guelleh acceptera de répondre à l'invitation des juges ... et quelle pourrait être l'attitude de la justice et de la France s'il refusait...

 

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